Anissa Bellahcene mate la concurrence masculine

(Cet article est paru dans Le Cahier de la Fédé d’Avril 2016)

L’ainée des filles de la famille alsacienne de joueurs d’échecs a remporté l’open B de Sélestat durant les vacances de février.

Anissa Bellahcene a longtemps joué en tête de son tournoi.

Tout   un   symbole   à quelques jours du lancement de la Semaine au féminin et de la Journée de la femme. Une jeune fille de 16 ans qui remporte un tournoi mixte au nez et à la barbe de 65 adversaires, pour la plupart adultes et masculins. C’est le joli pied nez adressé à l’attention de tous les machistes de l’échiquier par lors du 22e open de Sélestat. La jeune Alsacienne, qui partait 1re Elo sur la ligne de départ, a parfaitement assumé son rôle de favorite et termine seule première avec 6/7.

Dans cet open B de Sélestat, la gente féminine a d’ailleurs particulièrement bien tiré son épingle de l’échiquier. Si elles n’étaient que 11 parmi les participants, trois d’entre elles se classent dans les cinq premières places, dont la jeune Elise Tomasi, 11 ans, qui termine sur le podium. On notera par ailleurs qu’il n’y avait aucun adulte parmi ces cinq premiers du classement général. Filles et jeunes, c’était assurément le ticket gagnant cette année à Sélestat.

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Une famille en or

7 Bellahcene étaient présents à Sélestat. Seul Bilel, le plus fort de la fatrie, était à Cappelle pour chasser la norme de GMI.

Dans la famille « Bellahcene, les joueurs d’échecs », je demande le père, Omar ; les fils Rayane, 19 ans, Bilel, 18 ans et Mohammed Adam, 12 ans ; les filles Anissa, 16 ans, Meriem, 14 ans, Sofia, 10 ans et Jenna 7 ans.

Avec Bilel, Anissa, Meriem et Sofia, la famille Bellahcene collectionne déjà 9 titres de champion de France. Un exploit unique dans l’histoire des échecs français. Encore plus fort, sans doute, que la famille Roos, qui avait précisément transmis le virus des échecs à Omar.

Famille Bellahcene

Chez les Bellahcene, on cultive assurément la flamme des 64 cases en famille. Omar, le papa, a appris à ses 7 enfants qui ont tous été licenciés à Bischwiller. « Je ne les force pourtant pas (rires). En fait, c’est à force de regarder jouer les grands que les plus jeunes s’y mettent aussi. »

La petite dernière, Jenna, a fait ses pre- miers pas dans les championnats de France des jeunes l’année dernière à Pau. Elle s’était classée 4e chez les petites-poussines, alors qu’elle n’était que 1ère année. Quand on sait que ses trois grandes sœurs ont toutes remporté le titre petite-poussine, le palmarès de la famille Bellahcene pourrait bien rapidement se voir rajouter une ligne supplémentaire. •